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éditions cartaginoiseries
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des paysages littéraires
pittoresques
du patrimoine méditerranéen
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identité
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CI. 05476640-Tunisie.
Parallèlement à une
carrière professionnelle dans le cinéma comme
chef-monteuse et réalisatrice en France (cinéma +
ORTF) puis en Tunisie (RTT 1966-1968 + SATPEC), Mika ben Miled
s’est passionnée pour l’artisanat en
créant, en 1978, un magasin, El Hanout, dans le souk de
Tunis, puis un magasin de tissages, Les Toiles de Tanit, et un
magasin d’artisanat, Cartaginoiseries à Carthage (avec la parution
d’un bulletin sur l’artisanat pour sa
clientèle).
En matière littéraire, elle a
collaboré comme journaliste à la revue Contact-Tunis (1974),
Jeune Afrique, Cahiers Tunisiens,
Page des Libraires, Le Provençal, La Marseillaise… (carte de journaliste France N°
72217).
Création des éditions cartaginoiseries, 2005.
Cinéma :
1955-1965 : Monteuse cinéma en
débutant dans les productions du “cinéma de
papa”, Sorcières de
Salem (R. Rouleau), La Tête contre les murs (Franju), La Fille de
Hambourg (Y. Allégret), etc.
puis en enchaînant avec les premiers films de F. Truffaut
: Les Mistons, Les 400 Coups, Tirez
sur le pianiste.
Télévision ORTF,
chef-monteuse (5 dernières
minutes, Destin de Rossel (Jean
Prat), Mayerling (Lorenzi), 5 Colonnes
à la Une, etc.
Chercheur et réalisatrice au Service
de la Recherche (P. Schaeffer), ORTF.
1966 : Tunisie
Débuts de la
Télévision tunisienne et SATPEC.
Chef monteuse : Au Pays de Tararani, l’Homme de Cendres, Magazines, etc.
Le voyage en Orient, scénario original de long-métrage
(réalisateur Hedi ben Khalifa, 1963).
Le Judo et les enfants, réalisatrice (1975).
Les pieds dans les nuages, scénario original de long-métrage
de fiction (réalisateur H’mida ben Ammar, 1987).
La Danse du Feu,
scénario original de long-métrage inspiré
de la vie de Habiba Msika, (réalisateur Selma Baccar,
1994).
Le Pont de Bizerte (2005).
Auteur de commentaires de
films-documentaires.
Auteur :
Participations aux Foires Internationales
du Livre (Paris, Montreuil, Francfort, Tunis…) et
Régionales PACA avec animations autour de la
lecture…
Création de jeux, posters,
cartes… en créant le concept Patrimoine
Méditerranéen (Alif).
Le Livre du Coq,
bilingue français-arabe (Alif, 1985).
Le Stratagème de Dargouth, (Alif-Syros Alternative 1989).
Tunis el Khadra,
série sur les plantes en Tunisie, co-auteur Claudine
Rabàa, botaniste (inédit). (1985)
Médina, ville arabe (Alif-Hatier 1991). Cet ouvrage ayant reçu
le Prix 1993 de Littérature Didactique pour la Jeunesse
de l’Université de Padoue.
Réédition de Tunis au XIXe siècle, et La Tunisie, 2 vol. Ch. Lallemand (Apollonia, 2000).
Établissement des textes de Abou Kacem Chebbi, A.
Cheraït (Apollonia, 2002).
Le Petit Livre de la Chéchia (2004). Cet ouvrage ayant gagné son
procès pour les droits d’auteur devrait être
réédité par moi-même.
Jeune Afrique
TUNISIE - 9 avril 2006 - par FAWZIA ZOUARI,
ENVOYÉE SPÉCIALE À TUNIS
Du cinéma au journalisme en
passant par la défense du patrimoine culturel, cette
Tunisienne d’adoption a tout fait. Sa dernière
passion ? L’édition, avec la création de
Cartaginoiseries.
Le Tout-Tunis vous le dira : Mika Ben Miled
est un personnage atypique. Et d’abord, quelle
idée de se faire appeler Mika ! « C’est
Michaelle, mais je préfère Mika »,
explique-t-elle. Elle ajoute, en vous fixant dans les yeux :
« Je ne veux pas non plus que vous disiez que je suis une
francaoui. » Ah bon ? Renierait-elle sa terre natale ?
« Pas du tout. Je refuse simplement d’être
assimilée aux Français de Tunis. » En
revanche, Mika confie volontiers qu’elle a eu mille vies
et qu’elle n’en regrette aucune. La dernière
en date, elle l’a vouée aux livres : sa maison
d’édition, Cartaginoiseries, à peine
née, compte déjà quatre titres.
Lorsque Mika détourne les yeux,
l’on imagine qu’elle a en tête cette
année 1963, où elle met les pieds pour la
première fois à Tunis au sein d’une
équipe de tournage. Tout de suite, la jeune Marseillaise
tombe amoureuse du pays et épouse un Tunisien issu
d’une famille d’architectes, qui sera le
père de ses deux garçons : « Le pays
m’est tombé dessus, j’ai fait des racines
dans tout le territoire, car je tournais partout. » Mika
a en effet rejoint le milieu du cinéma local et fait
partie, en tant que technicienne et scripte, des équipes
qui vont réaliser les premiers films de la Tunisie
indépendante.
Avec un enthousiasme désarmant, elle
veut croire en un cinéma national et africain : «
Tous les espoirs étaient permis en ces années
1970. Nous allions tout créer et abattre
l’impérialisme. » Et, après un
silence, son sourire désabusé : « Nous
avons été cocufiés ! » Mika a
intégré entre-temps la
Radiotélévision tunisienne (RTT),
créée en 1966, pour y lancer le service montage :
« Je me suis même tapée les discours-fleuves
de Bourguiba qu’il fallait monter pour la
télé ! » Idem à la Satpec
(Société anonyme tunisienne de production et
d’expansion cinématographique), où elle
crée le laboratoire technique et forme des stagiaires
devenus les piliers de la télévision tunisienne
aujourd’hui.
Mika se tait, tire sur sa cigarette, puis
le récit de sa vie s’égrène à
nouveau. Avec des stations d’arrêt obligatoires :
« En 1977, j’en ai eu marre du cinéma !
» Son excellente connaissance des souks lui inspire
l’idée de faire connaître l’artisanat
de l’intérieur. Elle restaure le presbytère
de la rue de l’Église qu’elle appelle
El-Hanout, parcourt le pays pour ramener des objets rares dont
elle raconte l’histoire devant un public ébahi.
Bientôt se crée un style hanout avec des
paillettes, des chéchias et des vêtements dont
elle va relancer ou modifier l’usage, telle la fouta,
initialement prévue pour le hammam et qu’elle sort
sur les plages. Et puis un jour, elle en a marre de nouveau.
Elle revend tout pour refaire du montage, notamment
L’Homme de cendres, de Nouri Bouzid.
Les études de ses enfants
l’obligent toutefois à regagner la France.
À Marseille, elle s’occupe de la rédaction
d’une revue de libraires, obtient une carte de presse et
couvre la mobilisation des mineurs. C’est là
qu’elle va se passionner pour l’histoire de la
Méditerranée et, plus spécifiquement, pour
le commerce entre les deux rives. Elle écrit le thriller
commercial de la chéchia : « Ce bout de feutre de
10 centimètres qui a causé des guerres
commerciales folles entre les marchands marseillais et
tunisiens. » La passion de l’édition la
gagne. De retour à Tunis, elle transforme le garage de
sa villa de Carthage qu’elle avait converti en magasin
d’artisanat et appelé Cartaginoiseries (comme les
chinoiseries) en un local d’édition.
Après un texte de Diderot sur la
propriété intellectuelle, elle publie Le Contrat
de mariage en Tunisie, puis réédite un
récit peu connu de Cervantès, où
l’auteur de Don Quichotte raconte le siège de La
Goulette et sa captivité à Alger, deux
thèmes qui inspireront nombre d’opéras et
des romances orientalistes. Publié à
l’occasion du six centième anniversaire de la mort
du « fondateur de la sociologie politique », son
dernier ouvrage est une nouvelle édition de Ibn Khaldun
et l’histoire, de Mohamed Talbi.
Mika se charge de tout, correction,
maquette, etc., et donne le CD prêt à
l’imprimeur. Elle fait la tournée des libraires
pour déposer ses livres. L’écrit semble
retenir enfin cette femme de rêve et d’action qui,
avant de se lever, laisse échapper: « Ma crainte
fut toujours de voir les choses partir. »
La Presse Samedi 11 Juin 2005
Mika Ben Miled. La «passeuse»
de l’air du temps
Elle n’a rien d’une
fashion-addict, ni d’une «branchée» ou
«hype» comme on dit, pour une raison bien simple :
c’est qu’elle a toujours devancé les
mouvements, les modes, les tendances. Flairant l’air du
temps avec une sensibilité obsessionnelle qui puise tout
dans le patrimoine et y ramène tout, Mika Ben Miled
lance des idées, des modes, des sujets
d’intérêt.
Mika Ben Miled a vécu plusieurs vies
: elle a créé des vêtements, des meubles,
des tissus, des jeux, des livres avec toujours le même
regard : celui qui, tourné vers l’arrière,
sait se projeter loin devant. Et à chaque fois, on a eu
envie de la suivre.
C’est peut-être cela être
tendance. Son métier, c’est le cinéma. Mais
le cinéma, n’est-ce pas, mène à
tout…
Vivant dans la Médina — une
Médina où les échoppes des souks
n’offraient à l’époque que des tapis
et des cuivres ciselés, elle sillonnait la Tunisie
profonde pour le tournage des films sur lesquels elle
travaillait. Et cette «cueilleuse», comme elle aime
s’appeler, s’émerveillait de
découvrir des merveilles qu’on ne voyait pas dans
les souks.
«C’était fabuleux la
richesse de la poterie, de la vannerie que l’on pouvait
rencontrer quand on y faisait attention. Tous les vingt
kilomètres, on trouvait une nouvelle forme de canoun, un
nouveau tressage de panier. Et comme je suis une cueilleuse,
j’accumulais des choses à l’infini que
j’entassais chez moi». Jusqu’au jour
où il n’y eut plus de place chez elle et où
elle fut bien obligée d’ouvrir une boutique.
Une boutique dans un presbytère Dans
les souks bien sûr, ce qui n’était pas
encore tendance, mais allait très vite le devenir.
«Le presbytère de
l’église — celle de la rue de l’Eglise
était en ruine. Je l’ai restauré avec mon
beau-frère architecte. Et avec une amie — Kaouther
Maâmouri — nous avons ouvert ce qui allait devenir
très vite une boutique pour les copines et les copines
des copines».
Tout le monde passait par là. Et la
cueilleuse devint une passeuse — celle d’un certain
air du temps, d’un certain art de vivre.
«A l’époque, il
n’y avait pas de boutique de décoration ni
d’objets. C’était le Magasin
Général ou la rue Charles-de-Gaulle. Nous, nous
offrions un espace rigolo, autour d’un patio convivial,
qui foisonnait de découvertes. Très vite nous
avons été à la mode. Il y eut un
engouement réel pour ces objets que nous proposions et
qui, chacun, racontait une histoire : celle de son lieu
d’origine. Quand on nous achetait une suspension pour y
accrocher une plante verte, on apprenait que le macramé
venait des filets de pêcheurs de Ghar El Melh. Un de nos
grands succès, ce fut la fouta : de ce
“truc” de hammam, nous avons
interprété des dizaines de déclinaisons
dans toutes les couleurs, et dans tous les points.
Aujourd’hui, elle est entrée dans les magasins
européens chics. Et la revue Côté Sud en
fait sa couverture, croyant l’avoir inventée. Une
autre ‘‘prémonition’’ d’El
Hanout, cela a été la paillette. On en collait
partout sur les pull-overs, les chapeaux, les couffins, les
gants de toilette.
C’était clinquant, et pas du
tout à la mode à l’époque, où
l’on privilégiait une certaine
austérité bon chic, bon genre. Ça
l’est aujourd’hui. En fait, je crois que mes hauts
lieux d’inspiration, cela a toujours été
souk El Grana et souk El Bellar».
Mais Mika Ben Miled a eu plusieurs vies. Et
toujours dans tous les domaines, on l’a vue curieusement
précéder la mode. A l’époque
où l’on ne se meublait qu’en tissus de la
Sogitex — imprimés ravageurs et piqués
colorés — elle ouvre un magasin de tissu, et fait
tisser ses rideaux et ses métrages au Sahel. Tout le
monde y court.
«Je ne sais pas si
c’était ‘‘tendance’’, mais
c’était anti-pénurie. On était
limité à l’époque entre les tissus
de la Sogitex — qui tapissaient la Tunisie entière
— et les tissus importés qui coûtaient cher.
J’offrais une alternative grâce à ces
tissages traditionnels que l’on pourrait décliner
dans tous les formats et toutes les couleurs.
C’était il y a plus de vingt ans et je les
retrouve encore dans certains intérieurs».
Puis elle change complètement de
secteur, sans changer de regard. Les éditions Alif
lancent le concept du patrimoine méditerranéen. A
l’époque, seuls parlaient du patrimoine de
sévères historiens et de sérieux
sociologues. Mika Ben Miled est là, et veut prendre les
choses à la légère, peut-être pour
mieux les ancrer en profondeur.
Elle crée pour les Editions Alif une
carte amusante, un jeu de sept familles qui décline les
artisans de la Médina, une gamme de papeterie ayant le
taxi B.B. pour label, des jeux ayant pour thème la
course et les barbaresques.
C’était ludique. Il
s’agissait de rendre populaire le patrimoine, de le
mettre à la mode, de le faire descendre dans la rue.
Aujourd’hui, cette démarche aussi est tendance.
«En fait, c’était une
époque de rupture. C’est celle où le poulet
arbi et l’œuf arbi ont pris leurs lettres de
noblesse. Moi, je voulais faire une mode arbi, des tissus arbi,
des livres arbi. Je suis basique».
Après avoir fait des
vêtements, des objets, des meubles, des tissus et des
livres, elle crée «les
Carthaginoiseries»… Un endroit un peu particulier
qui tourne au gré des saisons et des créations.
Là, elle recevait des artistes inconnus, des artisanes
ignorées. Là, elle expose des meubles faits de
récup, et une ligne de papeterie faite avec du gazon, de
l’alpha et pourquoi pas des feuilles de palmier.
Et puis, parce qu’elle a toute sa vie
fouillé, cueilli, entassé, engrangé pour
mieux ressortir et faire passer, elle sort un livre sur un
objet qui l’a toujours passionnée : La
chéchia. Et dans la foulée, elle crée une
ligne d’édition : Les Carthaginoises.
Rééditant ce premier livre
sur la chéchia, elle propose également deux ou
trois titres. «C’est une collection
découverte dans laquelle je veux présenter des
choses inconnues ou mal connues, concernant bien sûr une
certaine approche du patrimoine».
Tendance, tendance.
Alya H.
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éditions cartaginoiseries
mika ben miled
2 rue sophonisbe
2016 carthage tunisie
(+216) 71 732 594 (répondeur)
mêle : mikabenmiled@gnet.tn
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