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complémentaires, iconographie,
ou contact avec les auteurs,
n’hésitez pas à nous contacter.
La Presse 9 décembre 2008
Vient de paraître : La Partanza,
dernier voyage des cartaginoiseries
Aujourd’hui, je voudrais rendre un
hommage justifié à Mika Ben Miled qui,
discrètement, tranquillement, et sûrement,
défriche, avec science et patience, notre patrimoine,
notre mémoire et notre passé.
Cartaginoiseries, sa maison
d’édition, est née d’abord pour lui
faire plaisir, sans moyens et sans aucun sens mercantile. Car
s’il est difficile de gagner de l’argent en faisant
des livres, il l’est encore plus avec les livres
qu’elle fait, sans illustrations accrocheuses, sans
facilités ni concessions. Des livres
élégants — travaillés, beau papier,
belle impression, mise en pages sobre, caractères
étudiés, maquette aérée — qui
adoptent la familiarité d’une collection, et qui
sont agréables à la lecture. Ses sujets sont
souvent érudits, toujours ancrés dans notre
tunisianité, offrant des regards quelquefois venus
d’ailleurs, des témoignages d’un moment de
notre histoire, des souvenirs… Tous relèvent
d’une culture encyclopédique et d’une
documentation éclectique que Mika Ben Miled cache bien
sous ses airs de ne pas y toucher, fausse dilettante et vraie
professionnelle, réelle passionnée de la chose
écrite, et fausse égoïste, puisque ce savoir
qu’elle a accumulé et réussi, elle le
transmet de bon c?ur. Avec toujours une touche d’humour
et de fantaisie dans son approche des choses les plus
sérieuses, une anecdote, un éclairage inconnu,
une révélation cocasse, un mystère
éclairé.
C’est ainsi que Mika Ben Miled nous a
raconté la chéchia sous forme de roman
policier, La petite histoire de la chéchia, la guerre
sous l’aspect de lettres d’amour, Lettres à
Lili, qu’elle a campé une love story au
musée du Bardo, et que l’Histoire avec un grand H,
est souvent un rébus, un jeu de piste, ou une course au
trésor. Aujourd’hui, elle nous embarque dans une
autre aventure : celle des Siciliens en Tunisie. Ce flux de nos
plus proches voisins vers nos rivages a souvent
été occulté par l’immigration
française, dominante, voyante, arrogante quelquefois,
loquace en tout cas, car les souvenirs prolifèrent et
les écrits aussi. Les Italiens, les Maltais, les
Espagnols, petits peuples laborieux et discrets, étaient
plus silencieux ou alors adoptaient d’autres langues.
Aussi, cette saga d’une famille sicilienne en
«partanza» est-elle passionnante parce
qu’elle relève de l’époque. Mais
aussi par la justesse d’un ton sans prétention
littéraire, qui n’en possède pas moins un
talent certain d’observateur et de narrateur.
A travers la vie d’une famille, sur
plusieurs générations, minutieusement
racontée, avec tous les détails,
précisions, descriptions, digressions qui devraient
faire les veillées au coin des cheminées,
c’est une Tunisie vue d’une autre perspective qui
nous est offerte. Et que nous dégustons avec plaisir.
Encore une fois, merci à Mika Ben Miled et à ses
cartaginoiseries qui, nées comme un clin
d’œil, sont devenues une véritable
institution.
Alya
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Le Temps Culturel mercredi 05 novembre 2008
Vient de paraître : " La
Partenza " de Michel Auguliori
Un récit de fraternité et de
tolérance
Une rencontre fort intéressante a
été organisée samedi dernier à la
librairie " Art Libris " avec Michel Augulioro auteur
du livre La Partenza en présence de Mika Ben Miled, des
Editions cartaginoiseries. Une narration charmante de l'auteur
a soulevé bien des récits nostalgiques, histoire
de donner une impression fidèle sur ce travail de
mémoire entrepris par l'auteur qui s'attaque d'ores et
déjà au deuxième tome de son roman. Un
regard fascinant sur une histoire, si présente, de notre
pays où l'intégration des communautés
étrangères était synonyme de
tolérance et de fraternité.
Dire l'imbrication historique de deux pays,
physiquement séparés par la mer mais
organiquement liés par la cohabitation sereine de ses
populations et surtout les trames d'histoires de familles qui
les lient, est un travail de mémoire souhaité
pour les nouvelles générations aussi bien
tunisiennes qu'italiennes. Michel Auguliori a opté pour
un livre romancé afin de ne pas faire dans le style
historique qui pourrait être moins agréable
à lire. Cette histoire aurait pu être la sienne,
et elle a eu pour effet, durant cette après midi de
présentation à Air Libris, de remuer bien des
nostalgies et susciter de nombreux souvenirs auprès d'un
public majoritairement italien. Il faut dire que l'entreprise
de cette aventure de l'écriture de cette saga en deux
tomes, n'est pas une mince affaire puisque l'auteur, dans cette
première édition, remonte à 1881, date de
l'émigration de paysans siciliens en Tunisie. Même
si cette présence italienne en Tunisie remonte plus loin
que cette date, comme l'a précisé Mme Sylvia
Finzi, l'auteur a choisi pour point de départ de son
roman, la date de 1956, qui correspond à celle du
départ de ses grands-parents de Trapani.
" La Partenza " est intimement
lié à son auteur, et à l'entendre parler,
on sent à quel point la Tunisie l'a marqué et
quelles traces indélébiles " le bled "
a inscrit en lui, dès sa venue au monde en 1937. Ce
représentant de la troisième
génération d'émigrés siciliens
revient sur sa scolarisation à Hajeb Laâyoun, son
adolescence à Menzel Témime et ses années
collèges à Bizerte. Face à son auditoire,
c'est un discours plein d'émotion, très
posé et chargé de beaucoup d'amour pour cette
épisode de sa vie et pour notre pays qui était
touchant à entendre. Dans ce premier tome, le lecteur
sera embarqué dans un périple de la
mémoire de notre histoire à travers cette
trajectoire des émigrés à la fin du
XIXème siècle, avec une première escale
à la Goulette et le chantier du nouveau port. La
particularité de ce témoignage est qu'il revient
sur des récits peu connus, comme celui de l'auteur, et
qui ne sont pas des récits de Tunis la capitale, mais
des vies, des échanges, des liens de fraternités
forts et uniques tels qu'ils se lient dans des régions
plus reculées de la Tunisie.
Il va sans dire que tout est à
découvrir dans la lecture de ce livre, et l'animation et
émotions qui étaient perceptibles cette
après midi, en disent long sur une perception positive
qu'ont les italiens de Tunisie de cette terre d'accueil. A les
entendre évoquer des souvenirs aussi lointains, c'est
tout un regard, le leur, qu'on épouse et qui
dévoile une beauté insoupçonnée et
des valeurs humaines qui sont les nôtres, qui sont mis en
évidence. Une preuve que le livre de Michel Augulioro,
plus qu'un travail de mémoire est un témoignage
sur ce qui lie la Tunisie à l'Italie à savoir,
des souvenirs, de destins partagés, d'échanges et
de tolérance.
Faten AOUADI
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La Presse 5 Janvier 2009
Tunisie: Voyageurs dans la régence
de Tunis (XVIe - XIXe siècles), de Denise Brahimi
Le prisme d'une Tunisie
étrangère et intime
- Quel rapport existe-t-il entre des
écrivains comme Chateaubriand, Flaubert et Alexandre
Dumas ? Ils ont vécu au XIXe siècle, dans cette
France d'après la Révolution et
l'épopée napoléonienne, et ont
été parmi les inventeurs du romantisme
français. Mais encore ?
Ce sont aussi des auteurs qui ont
contribué au développement d'une
littérature orientaliste : une littérature qui,
bien qu'elle ait été souvent critiquée en
raison du regard quelque peu réducteur qu'elle a
porté sur le monde oriental, a exprimé sans nul
doute le besoin de l'intellectuel européen
d'élargir son horizon, d'échapper aux
règles moralement contraignantes de ce XIXe
siècle qui aura décidément
été, en Europe, celui de la pudibonderie et de
l'hypocrisie, et enfin de donner à voir des pays et des
peuples où d'autres coutumes et d'autres moeurs sont en
vigueur. Est-ce tout ? Non, pas tout à fait, car les
trois auteurs en question sont également de ces
orientalistes qui ont fait le voyage dans notre pays, en cette
époque d'avant l'arrivée des Français, en
ce temps de la «Régence de Tunis». Le livre
qui vient d'être publié aux éditions
cartaginoiseries, intitulé Voyageurs dans la
Régence de Tunis, évoque ces trois figures de la
littérature française. Il le fait sous la plume
experte de Denise Brahimi, qui n'en est pas, comme chacun sait,
à son premier essai sur la question du Maghreb vu dans
le prisme des voyageurs européens, puisqu'elle en a fait
sa spécialité depuis sa thèse de doctorat,
présentée en 1976 : «Voyageurs
français du XVIIIe siècle en Barbarie».
Le texte récemment publié
présente, en fait, une quinzaine de voyageurs qui se
sont rendus dans la Régence entre le XVIe et le XIXe
siècles : après un exposé relativement
succinct sur chacun d'entre eux, le lecteur a droit à un
passage rédigé de la main de l'auteur-voyageur
qui illustre le regard particulier qu'il a porté sur
notre pays et l'aspect qui a retenu son attention. Mais il
arrive qu'il y en ait plusieurs.
Cette diversité d'approche est
précisément ce qui détermine la structure
générale du texte. Chateaubriand, Flaubert,
Alexandre Dumas, mais aussi Marmol figurent dans le premier
chapitre, consacré à l'histoire et ses
personnages. Ce qui signifie que la Tunisie de cette
époque sert surtout, dans ce chapitre inaugural, de
théâtre pour ramener sur scène des
personnages légendaires du passé, tels des
fantômes qui resurgiraient des lieux, comme Hannibal ou
saint Louis Mais aussi des vestiges qui évoquent un
temps lointain, celui-là même dont nous parlent
les historiens romains.
Bartolomeo Ruffino, Peyssonnel, Docteur
Shaw, l'abbé Poiret, Desfontaines et Venture de Paradis
sont convoqués, quant à eux, pour le second
chapitre, qui correspond à une approche plus
géographique : Tunis, La Goulette, Tabarka, Gafsa, le
Jérid y sont ainsi décrits dans le langage de ces
voyageurs qui ne manquent pas d'en dire autant sur
eux-mêmes, leurs préjugés parfois, que sur
ce qui se donne à voir à leur observation. Le
livre de Denise Brahimi comporte en tout cinq chapitres.
Après l'histoire et la géographie, suivent la
population, «La course et l'esclavage» et, enfin,
le gouvernement.
L'intérêt de ces récits
pour le lecteur tunisien ? Non, pas un nombrilisme de mauvais
aloi, ni l'idée que nous pourrions nous forger une
connaissance solide de l'histoire de notre pays grâce
à ces quelques pages mais, à travers le regard
assurément subjectif de ces voyageurs, l'assurance que,
nous aussi, nous avons à mieux faire connaissance avec
notre histoire et ses zones d'ombre. C'est contre, mais aussi
à partir de ces zones d'ombre, qui nous appartiennent en
propre bien qu'elles nous semblent aujourd'hui si
étrangères, et que nous sommes si souvent
tentés d'occulter, de rejeter dans les oubliettes de
l'histoire, que nous avons à travailler la
matière brute et obscure de notre société,
pour en faire une oeuvre qui transcende les limites
habituelles.
Raouf SEDDIK
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Le Temps, le 17.12.2008
« Vient de paraître Voyageurs
dans la régence de Tunis » de Denise Brahimi
Une anthologie de textes rares
Les éditions Carthaginoiseries
viennent de lancer leur nouvelle collection
"Voyageurs" consacrée à la Tunisie de
jadis à travers les relations de voyage. C'est le
premier volume d'un ouvrage de Denise Brahimi qui inaugure
cette collection avec une anthologie de récits de
voyageurs du seizième au dix-neuvième
siècle.
Universitaire, spécialiste des
récits de voyage au Maghreb, Denise Brahimi a
consacré plusieurs ouvrages et une thèse à
cette question. S'intéressant aux opinions et regards
des Européens sur le Maghreb, elle tente de rendre
compte de l'esprit philosophique des lumières dans son
déploiement à travers le récit de voyage.
L'ouvrage se présente comme une
anthologie où l'on peut retrouver les textes de
plusieurs témoins. Ceux-ci sont aussi bien des
écrivains que des diplomates, des soldats ou des
captifs. Sous leurs yeux, trois siècles d'histoire se
succèdent au grand bonheur du lecteur qui retrouve ici
des textes rares.
Une brève introduction - trop courte
à notre sens - ouvre le livre sans délimiter les
enjeux ni véritablement présenter les textes
choisis. Tout aussi courte, la conclusion nous laisse
également sur une faim que ne comble ni la bibliographie
ni les repères historiques trop flous.
Heureusement le florilège choisi
sauve la mise et plonge le lecteur dans l'histoire se faisant.
Dans cette optique, les notices introductives sont d'une
excellente tenue et posent clairement le contexte des
écrits choisis et articulés selon cinq
séquences.
La première concerne l'histoire et
donne à lire des extraits de Chateaubriand, Flaubert et
Dumas. Ensuite, c'est au tour de la géographie et des
populations d'être revisitées grâce à
des textes rares qui mêlent impressions et
préjugés. La course et la vie politique
complètent ce tableau avec des textes connus (Henri
Dunaut, Louis Frank) et d'autres savoureux, anecdotiques et
souvent saisissants.
Denise Brahimi revient dans sa conclusion
sur la complexité de pareille anthologie. Elle
écrit "On ne s'étonnera pas qu'aucune
définition unique de l'identité tunisienne ne se
dégage au terme de ce parcours. Ce résultat
d'ailleurs eut-il été souhaitable?". De
fait, l'auteur de cette anthologie ne se hasarde pas sur ces
terrains mouvants en engageant une lecture
interprétative et préfère une approche
diachronique et documentaire.
Publié avec le concours de
l'Institut français de coopération, l'ouvrage est
illustré de gravures et d'illustrations d'époque
qui ponctuent les séquences successives d'un ouvrage
précieux car il regroupe des textes que les
époques et les éditions séparent
malgré leur appartenance au même genre
littéraire.
Animées par Mika Ben Milad, les
éditions Cartaginoiseries poursuivent ainsi de belle
manière leur quête des paysages littéraires
pittoresques de la Méditerranée. Ces
récits de voyageurs dans la Régence de Tunis
amplifient une recherche éditoriale entre histoire et
littérature déjà amorcée avec un
ouvrage consacré à Cervantès en Tunisie et
d'autres livres qui multiplient les éclairages sur la
Tunisie de jadis.
Hatem NOUREDDINE
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Indiscrétions Elyssa La Presse
sept. 07
Vient de paraître
Décidément, les livres
de Mika Ben Miled ne ressemblent à rien d’autre.
Les éditions «cartaginoiseries» viennent
d’éditer L’histoire des derniers rois de
Tunis et se sert, pour la raconter, de deux témoignages
directs : ceux du peintre Vermeyen et de l’historien
Marmol qu’elle baptise «reporters de guerre».
A ne pas manquer.
------------
Histoire des derniers rois de Tunis,
d’après Marmol et Vermeyen, présenté
par Jean-Pierre Vittu et Mika Ben Miled
On est au XVIe
siècle. Mulay Hassen succède au roi
hafside Abd Abdallah Mohamed, son frère Rachid lui
dispute le royaume. Ce dernier requiert l’aide de
Kheyr-ed-dîn Barberousse qui vient d’être
nommé grand amiral de la flotte turque. En 1535,
Kheyr-ed-dîn prend Bizerte et Tunis et exile Rachid
proclamant ainsi la déchéance des Hafsides.
Muley Hassen demande l’aide de Charles Quint, ce dernier
attaque Tunis. «Ces conflits, qui firent couler beaucoup
de sang, feront aussi couler beaucoup d’encre. De
nombreux récits les relatent, certains par des
témoins», précise Mika Ben Miled
?Pour aborder cette guerre, l’éditrice a choisi
deux témoins de l’époque qui avaient
participé aux événements. Une approche qui
ne manque pas d’originalité. La légende fut
d’abord brodée par Jean Cornelisz Vermeyen,
raconté ensuite en détail par Luis Del
Marmol. ?L’ouvrage se répartit ces deux versions.
La première partie se base sur une enquête
iconique des tapisseries de Vermeyen, exposées en leur
majorité à Vienne et à Bruxelles. Et la
seconde est consacrée à
«l’Afrique» de Marmol, un document repris en
intégralité. Dans ces deux versions, l’une
tissée, l’autre écrite, ainsi
présente-t-on la Tunisie en vues panoramiques pour
ensuite se plonger dans les détails de cette guerre.
?Histoire des derniers rois de Tunis est un document non
seulement historique mais aussi géographique et
anthropologique. «Foisonnant de renseignements
topographique et architecturaux sur le littoral du golfe de
Tunis, du village de Radès avec son pont à quatre
arches sur Miliane, jusqu’au ribât de Sidi Bou
Saïd et à la Marsa, comme sur Tunis, ses murs et
ses trois faubourgs, cartons et tapisseries sont encore bien
plus riches pour les costumes grâce à la moisson
de figures de toutes tailles représentées sous
divers angles», raconte, l’historien Jean
Pierre Vittu dans la préface de l’ouvrage.
?L’analyse continue, on découvre à la loupe
chaque tapisserie de Vermeyen relatant «la conquête
de Tunis par Charles Quint» : le débarquement de
la flotte à la Goulette, l’attaque de la ville
«…escarmouche entre les soldats
impériaux en bataillons qui montent à
l’assaut et la cavalerie de Barberousse près de la
tour de Byrsa», écrit Mika Ben Miled ;
«… on peut découvrir aussi des
lavandières, des hommes qui volent du vin, qui se
bagarrent, d’autres qui font de la musique… Est-ce
le soleil qui se lève dont on aperçoit les rayons
derrière Sidi bou Saïd, à la pointe de
l’étendard du galion?», continue-t-elle,
décrivant le combat. Elle a même
repéré dans l’une des tapisseries
«l’unique représentation de Kheyr-ed-Din
Barberousse en personne, escorté d’un dignitaire
tunisien reconnaissable à son burnous au capuchon
dignement rabattu».
La fin d’une guerre
Les chevaux cavalent et l’ennemi sort
de la Goulette et une vue aérienne montre la
conquête. La grande bataille sur le chemin de Tunis a
lieu derrière le bois d’olivier, dans la plaine de
La Soukra, entre la lagune de Raoued et les collines de
l’Ariana. «Au fond, la colline du
Belvédère». L’armée de Charles
Quint envahit la ville par le faubourg nord où les
murailles extérieures étaient les plus basses.
Sur le terre-plein de Bab Bhar, les soldats entraînent
les captifs vers les barques. L’armée quitte
Radès. «Dans les camps, après la bataille,
des bâtiments sont en flammes, on repêche les morts
avec des filets, on les enterre dans les tranchées, un
cadavre flotte encore, un autre sur la berge git
décapité, tenant encore son épée,
d’autres déjà à l’état
de squelettes coiffées de turbans». ?Le
séjour à Tunis a profondément
inspiré Vermeyen qui va, dès son retour en
Belgique, «mettre en décor» les personnages,
les costumes, les ruines de Carthage… Mika Ben Miled
continuera son enquête et rassemblera dans son ouvrage
une galerie de tableaux où figurent non seulement Tunis
mais aussi plusieurs portraits représentant les derniers
souverains hafsides, Mulay Hassan, Hamida «reconnaissable
au pan de son turban enveloppant le bas du visage, signe
distinctif des Almohades». Elle fait également
allusion aux peintres qui ont été
influencés par Vermeyen, à savoir Hermanus
Posthums et P.P. Rubens qui reproduisit l’image des
Hafsides. Vittu rappelle aussi «l’abdication
de Charles Quint», tableau de Frans II Franchen peint en
1620. Figurent en outre, les copies des tableaux de la
collection du Museum Jovianum aux Offices de Florence
représentant Barberousse et d’autres rois de
Tunis.
L’Afrique de Marmol
«L’Afriqve» de Marmol
(l’Afrique de Marmol) est le document de base qui
constitue la seconde moitié de l’ouvrage. Chapitre
après chapitre, on voyage à travers «le
royaume de Tunis», telle qu’il était
décrit par ce témoin de l’époque.
Les origines des rois de Tunis, leurs cours, leurs offices et
les cérémonies qui s’y observent.? La prise
de Tunis par Barberousse est minutieusement racontée. On
passe ensuite à la prise de Tunis par Charles Quint
avec une description détaillée des
«bâtiments» et des navires. La prise de Sus
et de Monster par Dragut qui fut chassé par André
Dorie est aussi décrite avec minutie.?La mort de Muley
Hassen, roi de Tunis, occupe un chapitre important et on
continue à raconter l’histoire de cette Tunisie du
XVIe siècle. Une histoire passionnante
narrée différemment. ? «Tout le
secret réside dans la manière de raconter cette
histoire. Il faut être vraiment vigilant pour
interpréter les informations fournies par
différentes sources. Les chrétiens, par exemple,
considèrent Barberousse comme le corsaire à la
barbe rouge, ennemi redoutable et dévastateur. Pour
Tunis, ce pirate est un héros du XVIe
siècle qui a aidé à la
prospérité de Tunis en sauvant les Andalous
grâce à ses fameuses flottes… », nous
confie Mika Ben Miled.
Héla HAZGUI, La Presse.
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